Marrakech
Marrakech (en arabe : Mûrrakûsh, مراكش) connue sous le nom de Perle du Sud ou Porte du Sud et de Ville rouge ou Ville ocre, est une ville du Maroc au pied des montagnes de l'Atlas.
La ville a été fondée en 1062 par Youssef Ibn Tachfin, premier roi de la dynastie des Almoravides. Dans le passé, le Maroc était connu en orient sous le nom de Marrakech (appellation toujours d'actualité en Iran) ; le nom Maroc provient lui-même de la déformation de la prononciation espagnole de Marrakech : Marruecos.
Marrakech compte environ 903 589 d'habitants (recensement de 2009) répartis sur une superficie de 230 km². La densité de population atteint les 350 habitants à l’hectare dans la Médina. C'est la quatrième plus grande ville du Maroc après Casablanca, Rabat et Fès. La ville est divisée en deux parties distinctes : la Médina ou ville historique (dix kilomètres d'enceinte) et la ville nouvelle dont les quartiers principaux s'appellent : Guéliz et Hivernage. Le Guéliz constitue aujourd'hui le centre-ville commercial. Il fut fondé par les Français lors du Protectorat. Le quartier de l'Hivernage concentre de nombreux complexes hôteliers. Depuis quelques années, la ville s'agrandit en périphérie notamment à l'ouest avec l'apparition de nouveaux quartiers résidentiels comme pour la région de Targa ou l'extension de l'avenue Mohammed VI ou au nord Tamansourt.
Dans leur ouvrage, Philippe Saharoff et Narjess Ghachem-Benbirane abordent l'histoire de la ville impériale de Marrakech qui fut la capitale de différentes dynasties qui chacune la marquèrent de leur empreinte
Histoire
Marrakech fut fondée en l'an 1062 (an 454 de l'Hégire), par Youssef Ibn Tachfin, premier souverain de la dynastie Almoravide.
Le nom de Marrakech vient du berbère « Amour » qui signifie « pays » et « Akouch » qui veux dire « dieu » ce qui donne la terre de dieu ou la terre sainte. Une autre étymologie donne, à partir du dialecte Tifinagh, l'interprétation de « terre de parcours[2]. »
Très vite, à Marrakech, sous l'impulsion des Almoravides, hommes pieux et austères, de nombreuses mosquées et médersas (écoles de théologie coranique) furent construites, ainsi qu'un centre commercial pour le Maghreb et l’Afrique noire. Marrakech grandit rapidement et s'imposa comme un centre culturel et religieux influent, des remparts sont également édifiés pour protéger la ville. Elle devient le Noyau, la capitale des Almoravides.
La ville, fut ensuite fortifiée par le fils de Youssef Ibn Tachfin, Ali Ben Youssef, par la construction de remparts sur plusieurs kilomètres, l'architecture de la ville a été influencée par Fès, capitale fondée par Idris Ier, et l'Espagne musulmane.
Ces deux villes sont le rayonnement culturel, architectural du Maroc, mais aussi du monde arabo/musulman ce sont elles qui ont inspiré Al Andalus et qui l'ont déversé au monde arabe.
En 1147, les Almohades, partisans d’un Islam orthodoxe s'emparèrent de l'enceinte de la ville, les derniers Almoravides exterminés, la presque totalité des monuments détruits. Les Almohades construisirent de nombreux palais et édifices religieux, comme par exemple, la célèbre mosquée de la Koutoubia construite sur les ruines d'un palais almoravide.
Afin d'alimenter la palmeraie et les grands jardins, un système d'irrigation fut perfectionné. Marrakech, par rayonnement culturel attira de nombreux écrivains et artistes, venus notamment d'Andalousie.
En 1269, Marrakech fut conquise par les nomades mérinides aux dépens des derniers Almohades. Lorsque survient l'avènement de la dynastie Mérinide, Marrakech tomba alors dans une certaine léthargie, et son déclin entraîna la perte de son statut de capitale au profit de sa grande rivale, Fès.
Au début du XVIe siècle, Marrakech redevient la capitale du royaume, atteint rapidement son apogée, en particulier grâce au sultan Saadien, Mohammed El Mahdi. De par la fortune amassée par les sultans, Marrakech fut embellie, les monuments en ruine alors restaurés et de somptueux palais édifiés. Le palais bâti par les Saadiens, le Badi, est une réplique de l'Alhambra, réalisée avec les matériaux les plus précieux provenant d'Italie, du Soudan, des Indes et même de Chine.
Marrakech va de nouveau perdre son statut de capitale.
À la fin du XVIIe siècle, l'actuelle dynastie alaouite succéda aux Saadiens. Le trône est successivement transféré à Fès puis à Meknès, nouvelle ville impériale.
Au début du XXe siècle, Marrakech connaît quelques années de guerres civiles.
En 1912, l'instauration du protectorat français au Maroc met fin à cette anarchie. En 1956, le retour d’exil du roi Mohammed V sera fêté à Marrakech comme dans le reste du pays.
Culture
Marrakech est aussi l'une des villes universitaire du Maroc. L'univesité Qadi Iyad est la plus importante de la région. Plus récemment une supérieure des arts visuelle (ESAV) est née en partenariat entre une la Fondation Dar Bellarj et l'Université de Marrakech, offrant à la ville un support de formation aux métiers du cinéma et de la télévision. Marrakech organise aussi le Festival International du Film. La Biennale Arts in Marrakech, née en 2005 est le plus important rendez-vous d'art contemporain au Maroc.
On trouve aussi à marrakech le premier campus universitaire privé du royaume qui regroupe plusieures ecoles telles que l'école supérieure de gestion ESG, euromed, et vatel.
Climat
Marrakech bénéficie d'un climat semi-aride (type BSh selon la classification de Köppen). La ville est située loin du littoral et ne bénéficie pas de ce fait de l'influence modératrice de l'océan. Les températures sont caractérisées par un important écart thermique entre le jour et la nuit. En été les après-midi sont torrides avec des températures avoisinant souvent les 40 °C à l'ombre alors qu'en hiver les nuits peuvent être froides. En fin d'été la ville peut être sujette à de violents orages comme le 10 septembre 2009 où 60 mm de pluie sont tombés en 1 heure. Ceci a provoqué l'inondation de plusieurs rues dans la ville ocre comprit l'aéroport de Marrakech Menara. On peut visiter Marrakech toute l'année mais le printemps et l'automne sont les saisons les plus agréables avec des températures comprises entre 22,0 °C et 27,0 °C l'après-midi.
Liste des quartiers de la ville
La médina
- La médina de Marrakech constitue le centre névralgique et le cœur historique de la ville de Marrakech. S'étendant sur une superficie globale de 600 hectares, elle est une des plus vastes médinas du Maroc et la plus peuplée d'Afrique du Nord. Son raffinement et sa spécificité urbanistique découlent directement de la virginité totale du terrain sur lequel elle fut érigée au XIe siècle. Articulée autour d'un campement militaire, le Qsar El Hajar, et d'un marché, elle fut augmentée d'une kasbah au XIIe siècle afin de la protéger des assauts répétés des tribus berbères de la plaine du Haouz, contribuant ainsi à assoir durablement l'hégémonie Almoravide. Les célèbres remparts de la vieille ville de Marrakech subirent d'importantes modifications au gré des dynasties. Ainsi, ils furent à de maintes reprises percés de nouvelles portes (Bab en arabe). Aujourd'hui, la hauteur des murailles oscille entre 8 et 10 mètres et elles s'étendent sur une distance totale dépassant les 19 kilomètres.
- Le récent engouement pour les riads, ces maisons traditionnelles marocaines articulées autour d'une cour centrale, a généré de profondes transformations sociologiques au sein de la médina de Marrakech, où le prix du m² a atteint des sommets. Ainsi, un nombre non négligeable et croissant de modestes ménages marrakchis se voit poussé par la spéculation à « s'exiler » en dehors des remparts. D'autre part, on observe un phénomène de densification de l'habitat au sein de la médina. Cependant, on est loin d'assister à une muséification de la médina, loin s'en faut. En réalité, le succès touristique croissant de Marrakech a durablement revigoré la médina en attirant de nombreux jeunes au sein des dédales de la médina. Ainsi, il semblerait que plus de 40 000 artisans y travaillent, répartis dans les différents quartiers thématiques organisant géographiquement la médina.
- Le mellah, dans le sud est de la médina, fut et demeure aujourd'hui encore dans une moindre mesure le quartier juif de Marrakech. Loin d'être un ghetto, le mellah regroupait certains corps de métiers qui au fil et à mesure de l'histoire de Marrakech, devinrent des spécialités de cette communauté (le métier de tisserand fut un exemple de ce phénomène). Il fut fondé en 1558 sous le règne de Moulay Abdellah à proximité du palais ce qui permit, comme ce fut le cas à Fès par exemple, au Sultan de mieux les protéger.
- Les Jardins de l'Agdal jouxtant par le sud le Palais Royal furent créés dès 1156 selon l'historien officiel de la dynastie almohade par El Haj Ya'is, celui-là même qui fut à l'origine de la prestigieuse Koutoubia. Le terme « aguedal » signifiant par ailleurs « jardin » de manière générale par les Berbères, cette appellation de Jardins de l'Aguedal ne s'imposa comme appellation exclusive que vers la fin du XVIIIe siècle. Son existence, mise à mal par le temps est intimement liée à l'astucieuse gestion des ressources hydrauliques qui y est faite. Ainsi, le captage des eaux des nappes souterraines fut dès la fin du XIe siècle assuré par un dense réseau de « khettaras », assisté plus tard par un système de viaducs plus élaboré en provenance de Aghmat, ville située plus au sud en direction de la vallée de l'Ourika. Enfin, le stockage des eaux de pluie était assuré par deux immenses réservoirs dont le plus grand, baptisé Es Sala, servit à l'entraînement des troupes à la natation en vue de la traversée du Détroit de Gibraltar.
Guéliz
Le quartier de Gueliz tire son nom du Jbel Gueliz, massif de grès de faible altitude situé au nord-ouest de l'ancienne médina au nom berbère. Ce fut le premier quartier situé à l'extérieur des remparts, autrefois réservés aux défunts. Articulé autour de l'actuelle Avenue Mohammed V joignant le Square Foucault et Bab Nkob au Jbel Gueliz, le quartier de Gueliz concentre la majorité des banques et des boutiques de Marrakech. La poste, située place du 16 novembre, est aussi un bâtiment datant de l'époque protectorale, au même titre que l'ancien marché de Guéliz qui fut récemment déplacé pour céder place au complexe Carré Eden (commerciale, résidentiel et hôtelier). L'ensemble du quartier de Gueliz ayant été classé par la wilaya zone immeuble R+ 5.
L'Hivernage
Situé au sud ouest de Gueliz, le quartier de l'Hivernage est un quartier abritant des villas cossues et de nombreux complexes hôteliers tel que le Sofitel, le Sheraton, le Golden Tulip Farah pour ne citer que les plus prestigieux. Le poumon du quartier de l'Hivernage est l'avenue Mohammed VI, anciennement avenue de France, et récemment prolongée jusqu'à rejoindre au sud-est la route de l'Ourika le long des remparts de l'Agdal. Cette large et verte avenue abrite l'imposant Théâtre Royal, le Palais des Congrès, ainsi que la nouvelle grande gare.
L'avenue Mohammed VI (Ex Avenue de France)
Bien que fraîchement inauguré en mai 2004, le tronçon de 5 km de l'avenue Mohammed VI reliant l'avenue de la Ménara à la route de l'Ourika voit se développer rapidement de nombreux complexes résidentiels et hôteliers de haut standing.
Par ailleurs, c'est le long de l'avenue Mohammed VI que fut construite la plus grande discothèque d'Afrique, Le Pacha de Marrakech, établissement ayant permis à Marrakech d'acquérir définitivement son nouveau statut de lieu de rendez-vous de la jeunesse branchée et des "clubbers". Enfin, c'est ici que fut construit le premier multiplex de Marrakech, le Mégarama, succédant ainsi aux deux "grands" cinémas de Marrakech que furent Le Colisée à Gueliz, et le Cinéma Rif, à Daoudiate.
Les quartiers occidentaux
Au cours des années 1980, la ville de Marrakech s'est considérablement entendue à l'ouest le long de plusieurs pénétrantes, en particulier les rues El Mouqaouama, la route d'Essaouira, et dans une moindre mesure la rue Mohammedia. Ce sont les quartiers de Massira 1,2 et 3, Hay Azli et Hay Socoma. Parallèlement, au nord-ouest, le long de la route de la Targa (également appelée route de Souihla), ont été construits plusieurs quartiers résidentiels de standing globalement élevé. Ce sont les quartiers d'Al Masmoudi, de Jawhar, de Hay Sofia, d'Inara et Massira 3. Au sud-ouest, le long de la route de Guemassa, souvent appelée route de l'Aéroport Marrakech Menara, se sont développés les quartiers de M'Hamid. On notera également l'existence de douars importants comme douar Cherki et douar Berrada. Au nord il y a Tamansourt qui est une ville nouvelle située au nord de Marrakech, à 10 km sur la route d'El Jadida. Cette ville a été créée en 2005, sous la houlette du roi Mohamed VI, dans le but de désengorger Marrakech. Elle est composée principalement de villas, appartements et riads. Une grande mosquée y a été construite ainsi que de nombreuses écoles. Sont en projet un immense parc sportif, une université, des hôtels et piscines. Cette ville nouvelle a la particularité d'être une ville écologique puisque elle déborde d'espaces verts et l'éclairage public et composé de lampes dites Led qui sont tres écologique pour l'environnement.
Sidi Youssef Ben Ali
Sidi Youssef Ben Ali est l'une des deux communes urbaines de la préfecture de Sidi Youssef Ben Ali. En 1994, avec une densité de 508 habitants par kilomètre carré (196 396 habitants dans une superficie de 3,1 km²), c'était le quartier le plus dense de Marrakech.
Le stade Sidi Youssef Ben Ali où s'entraine l'Olympique de Marrakech y est situé.
Économie
L'économie de Marrakech repose essentiellement sur le tourisme, le commerce et l'artisanat. L'infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide. Marrakech est reliée par l'autoroute A7 à la capitale économique du pays, Casablanca, depuis avril 2007. Côté sud, cette autoroute sera prolongée de 233 km vers Agadir à l'horizon mi-2010.
La ville est desservie par l'aéroport Marrakech - Menara, qui est le deuxième plus important aéroport du Maroc.
La gare de Marrakech est l'une des plus importante gare marocaine. Une ligne TGV reliant la ville à Casablanca est à l'étude pour l'horizon 2017, pour être ensuite prolongée vers Agadir.
La ville abrite une cimenterie de la société Ciments du Maroc, filiale du groupe italien Italcementi[4].
Tourisme
La ville est un haut-lieu touristique, plus de deux millions de touristes chaque année. Elle est également le point de départ de nombreuses excursions pour les randonneurs désireux de parcourir l'Atlas ou le désert plus au sud.
Aussi, la ville est devenue une destination privilégiée du tourisme dentaire étant donné que le niveau des soins de santé a considérablement augmenté ces dernières années alors que le coût des soins reste relativement faible.






